Quelques brèves 2015

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Abjection votre honneur :

Wauquiez, 33 points au minimum au scrabble. C’est tentant mais la règle stipule que l’on ne peut pas mettre de noms propres. Il va de soi que cela s’applique également pour les noms sales.

 

Une alitée ration :

Être alité ça n’est pas bon signe et cela devrait déjà donner une indication concernant quoi attendre de la sexualité. D’autant plus que de l’une à l’autre commerce la sangsue alitée

 

Les immortels ne sont pas éternels :

 

C’était il y a une quinzaine d’années et j’avais encore la télé. La télévision ! J’étais jeune, j’étais fou et suicidais mon temps. Je me souviens d’un zapping fin de soirée où soudain apparu Jean d’Ormesson, le temps de proférer une de ses vérités capables de révolutionner l’avenir de l’humanité, « j’ai beaucoup aimé maman » (prononcer paimé), avant que d’un coup de zapette je ne lui coupe sa chique, la plus chic d’entre les chics. Aujourd’hui pour moi c’est la radio et, en cherchant une musique ayant illustré une émission de Laure Adler, j’ai appris qu’il allait faire chez elle l’objet de deux émissions successives. Ce sémillant vieillard au babil impeccable, malgré des cuillères en argent, en or et en platine implantées aux quatre coins de la bouche , ne sera jamais à mes yeux qu’un vil prédateur aux griffes enrubannées. Il n’aura cessé d’enfumer son monde, circonscrit et bien mis. Hors politique chrétienne il faut lui pardonner puisque voyez-vous, il a beaucoupaimémaman. A prononcer avec un léger, si léger, chuintement, la mâchoire inférieure légèrement avancée et la lèvre supérieure supportant seule un imperceptible sourire, signe d’une félicitée unique et fusionnelle qui s’offre à l’auditeur tout en ayant la certitude qu’elle lui demeurera inaccessible… Quant à l’œil, bleu, nous sommes d’accord, et serti par un regard où se miroite la méchanceté d’un petit garçon immaculé.

 

Aux petits oignons :

Les bébés se changent, les adultes se révèlent. Les premiers en leur mettant des couches, les seconds en leur en enlevant. Dans les deux cas, souvent, ça pleure.

 

Célèbres A 180° :

La photo de presse date d’il y a quelques mois et présente deux ministres du gouvernement, Emmanuel Macron et Myriam El Khomery. Ils sont jeunes, célèbres – ben oui, ils ont leur photo dans les journaux – et presque beaux…

Comme vous, ne dites pas non, je les envie, de tant de jeunesse, de tant de célébrité, de tant de presque beauté. Je les envie tellement que j’ai longtemps cherché comment faire pour, comme eux, truster la vague porteuse de l’agora.

Je constatais alors que sur les photos des journaux ou à la télé, les politiques dans le vent regardent quelque chose que nous ne voyons jamais, – l’avenir, le vide, notre connerie -, qui se trouve placé quelque part derrière le photographe ou le cameramen. Loin, très loin derrière et cela a toujours l’air d’autant plus réjouissant que ce doit être lointain et inaccessible au bas peuple. De plus, il semble important que l’objet de cette fascination spéculaire apparaisse par, une grimace subtile et absolument nécessaire, plus important qu’eux-mêmes comme pour nous renvoyer au mauvais goût que nous avons de les envier, eux, humbles parmi les humbles .

Alors, ami médiocre, si tu veux toi aussi goûter aux joies de la célébrité tamponnée d’humilité construite il te suffira tout bonnement de faire un 180° sur toi même en ayant pris bien soin de placer un photographe dans ce qui fut ton dos anonyme un instant auparavant.

A cet instant l’expression «retourner sa veste» prendra pour toi une toute autre portée et elle changera ta vie. Pas la nôtre.

 

Lapsus cardiaco – désertique :

La poésie est imparable. Elle donne blanc-seing au lapsus pour éclosions pharamineuses.

Dernier exemple radiophonique, à propos de la COP 21, « les responsables cherchent un accoeur ». A défaut ce sera le défibrillateur.

Dernier exemple du quotidien, remettant une facture à une secrétaire au bord de la crise de fin de journée conjuguée à celle de fin de carrière, je pu l’entendre me dire, toute sourire, suite à une sollicitation forceps de ses hémisphères cérébraux pour les amener à produire une phrase de circonstance, « Tout travail mérite Sahel !».

 

Gaullisme perché :

Colombe, croisée lors d’apéritifs chez Christine, laquelle Christine fut successivement institutrice (festive et donc indigne) de Solal et de Tim mes deux aînés, Colombe donc a une passion, les aigles. Et pas n’importe lesquels puisque sa préférence va vers une espèce dont très peu d’entre nous ont jamais entendu parlé, les aigles d’Ises, qui doivent leur nom à une petite commune suisse perché sur les flancs d’un sommet alpin. Elle les apprécie à tel point qu’il y a quelques années elle en a recueilli deux, alors encore tout petits. Depuis s’est noué entre eux un lien extrêmement sensible dont témoignent avec une affection non feinte les habitants du crû qui évoquent régulièrement avec des larmes dans les yeux « Colombe et les deux aigles Ises ». Étonnant non !?

 

Sodome et Scotome :

Au pays des aveugles…. Le début de ce proverbial proverbe est le titre d’un livre que Jean Baudrillard buvant du petit lait fit sortir lors de l’entre deux tours des élections présidentielles de 2002. Ce livre contient entre autre un article écrit en 1997 ayant pour titre « De l’exorcisme en politique ou la conjuration des imbéciles » où est prédit l’avenir florissant du Front National.

Philippe de Villiers, lui, a donné récemment son point de vue à propos des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, « Voilà où mène le laxisme et la mosquéïsation de la France ». Dans le même temps de cette pensée finement ourlée il sort un livre dont le titre est « Le moment est venu de dire ce que j’ai vu ».

Il est savoureux de constater qu’un homme dont l’un des fils dit avoir été violé par l’un de ses frères pendant des années sous le toit familial, un homme qui a développé un cancer de l’œil témoin de son je n’en veux rien «ça-voir» à propos des faits et de son aveuglement durant tout le temps que dura le contentieux judiciaire entre ses deux enfants, il est savoureux disais-je de constater que ce même homme se veuille porteur d’un regard fécond sur la France.

Il faut pourtant s’y résoudre, la France est le pays des aveugles où les borgnes sont les rois des cons ;