L’avenir sans illusion – Article à propos du livre « Signorelli, de l’oùbli du nom au Nom dupé ».

icone PDF

Article PDF

L’AVENIR SANS ILLUSION

Ces quelques lignes accompagnent la sortie de mon dernier livre, Signorelli, de l’oùbli du nom au Nom dupé, lequel livre a pour cœur un texte au titre éponyme, lui-même entouré d’articles qui se situent tous dans l’après-coup de son écriture.

Indépendamment de cela il y a encore le courriel collectif qui présente la publication de cet ouvrage, ainsi que la Lettre volante qui sera glissée dans chaque exemplaire à l’adresse de ceux qui le liront.

Huit textes en tout, glossaire compris, auxquels vient donc s’ajouter le présent écrit. Neuvième couche d’une peau sans cesse jamais assez neuve pour recouvrir ce dont elle est issue.

Un ce qu’avant tout, autant qu’en définitive, je dis . Vous le découvrirez vraisemblablement avec les mêmes difficultés, rebuffades, temps d’arrêts voire de refus, éclairages soudains, retours en arrière, soulagements, dégoûts ou encore sourires et évidences que j’aurai eu à connaitre pour y toucher.

Avec également aujourd’hui cette certitude, le lieu de ce livre ne s’y trouve pas, condition pour y accéder. C’est à dire la condition en tant que statut de l’énigme qui s’y décèle.

Je puis le dire ainsi ici, elle ressort de ce dont le semblant se fait l’éternel obligé, le dénuement.

Pour continuer à tourner autour de ce pot, je rappellerai cette simple anecdote. Les deux premières personnes à avoir lu le tapuscrit du livre, ceux-là même qui avaient instigué sa publication, l’ont disqualifié – avant de vouloir, au final, lui mettre la main dessus – en évoquant à son sujet un suicide éditorial. Il n’en est rien.

Épris de cette maîtrise qui les réifie, ceux-là qui prophétisent la mort subjective ne sont que les prêtres de notre temps, sacrifiant, à fin de comblement prophylactique, sur l’autel du circuit de la parole satisfaisante, cette béance qui toujours leur échappe et les dépasse. Lors, ils ne cessent de payer chairs, pas la mienne, à leur croyance.

Pour y revenir, la valeur du principe du nom du père posté au lieu de l’oùbli, ce qui le valide, est de donner assise à la terre promise du sujet. Soit, le lieu situé entre cette terre promise au sujet et cette terre promise qu’il représente.

Alors de l’une à l’autre,

Maudit es-tu Signorelli,

Et toi Fra Angelico,

Et Sigmund Freud et Orvieto.

Maudits êtes-vous,

Au nom de la perfection de ce que vous dites,

Dont l’écho ne cesse de nous chanter

La supportable absens.

Jean-Thibaut Fouletier

Paris, le 07/02/2019

PREMIÈRES LIGNES DU LIVRE

« Je tente de divaguer dans mes paroles,

Es-tu prêt à divaguer dans ton écoute ? »

Tchouang Tseu*

Il y a comme cela des mots, ce sont parfois des noms, qui résonnent avec la familiarité et l’inébranlable de l’acte fondateur pour celles et ceux qui évoluent dans le domaine où se livrent leurs effets et qui, d’être entérinés comme tels, arriment l’institution à cette aune univoque.

Appuis originaires trouvant pourtant, dans les meilleurs cas, à en céder à de nouveaux, lesquels de prendre place ni ne les effacent ni ne les remplacent mais les confortent en leur efficience, au moins par respective indépendance, n’empêchant donc coexistence et moins encore coalescence.

Évolution, révolution de velours dont les raies font les sillons toujours singuliers de la communauté qui s’en dégage.

(…)

4ÈME DE COUVERTURE

Au nom d’avoir eu le désir de me rendre au lieu Signorelli je me suis lancé sur le fil où vacille la parole. Il semblerait qu’elle m’en ait rendu de l’oùbli. C’est à dire que, autant de l’oùbli m’ait été accordé que, de l’oùbli j’ai pu m’extraire. Et c’est ainsi que ce ce qui va de traviole, comme cela, et flottant qui plus est, un petit trait inconvenu sur un petit mot très convenable, pourra désormais faire figure de passe. Oui, le trait passe puisque Schibboleth, s’il ne se prononce pas, se transmet.

Pour acheter le livre