J’ose tout ce qui est digne d’un homme…*

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*« I dare do all that may become a man »

Shakespeare Macbeth acte 1, scène 2, vers 46

Nous sommes aujourd’hui le 7 janvier 2016. Un an après les assassinats perpétrés par Chérif Kouachi , Saïd Kouachi et Amedy Coulibaly. A cette époque plusieurs proches m’avaient demandé comme une évidence à venir la teneur de ce que j’allais écrire à ce sujet.

J’étais alors effectivement traversé par quelques points de pensée mais jamais suffisamment agrémentés de l’envie de les développer. L’un de ces points avait déjà été transcris par ailleurs à propos d’un autre sujet où était établi le rapport existant entre des frères tuant des frères et la loi, rapport illustré par le combat des Horaces contre les Curiaces (1).

Pas de forçage donc et je me contentais d’un petit texte assorti d’un dessin pour illustrer ce que fut pour mes proches et moi-même la journée de la grande manifestation nationale du 11 janvier 2015.

Vient aujourd’hui ce temps de l’écriture. Redistribution a posteriori, reconstruction déposée au présent pour faire tresse à l’à venir.

Vœux du Pape à la Curie romaine

Aux environs de ce début d’année 2015 avait eu lieu un autre type de séisme que je repérais autant par son inédit que d’avoir été en grande partie éclipsé par les tueries.

Le pape François 1er venait tout juste de présenter ses vœux à la Curie romaine pour la deuxième fois de son pontificat. Cette cérémonie rituelle a lieu aux environs de Noël et c’est pour lui l’occasion de s’adresser à l’ensemble des membres des dicastères qui l’accompagnent dans sa mission à la tête de l’Église catholique.

Par erreur, garante de bénéfice, voulant entendre le discours qui m’intéressait j’ai tout d’abord écouté celui de l’année précédente, décembre 2013, où François 1er pratiquait cet exercice pour la première fois. Discours ultra convenu, donc tout à fait convenable aux oreilles des présents, par lequel peut se toucher du doigt a posteriori combien celui qui sert ainsi le miel aux abeilles veut prévenir la piqûre. « Mes biens chers frères, mes biens chers frères ad vitam æternam…», pour ensuite mieux piquer lui même.

Ce qui advint donc lors de sa deuxième intervention de décembre 2014 où, après quelques minutes policées confortant les uns et les autres dans le moule des conventions sécurisantes, lui prit l’envie de mettre un peu de jeu dans ce cérémonial rôdé, de faire la fête en faisant leur fête aux membres de la Curie, décris entre autres choses ce jour-là par le souverain pontife, disons, comme des ultras jouisseurs compassés.

Bref, il leur fit Festen.

Cela se résume en ces quelques mots, que vous trouverez dépliés dans le moindre article traitant du sujet, il leur dit leurs quatre vérités. Quinze vérités en l’occurrence puisqu’il établit l’inventaire des quinze « maladies » dont l’ensemble de ceux constituant le corps de la curie souffriraient à ses yeux. Pour ce faire il souffla sur le rideau de la vérité au lieu où si celui-ci se déchire, c’est surtout pour livrer ce à quoi la vérité la plus crue est elle-même exposée, la portée du déport qu’elle est à elle-même.

Festen

Festen est un film dano-suédois réalisé en 1998 par Thomas Vinterberg et l’histoire qui s’y déploie peut se résumer ainsi. Lors du repas célébrant le 60ème anniversaire du père de la famille, l’un de ses fils prend la parole et l’accuse formellement de l’avoir violé, lui ainsi que sa sœur jumelle qui s’est suicidée l’année précédente, depuis leur tendre enfance et affirme que sa mère n’ignorait rien de ce qui se passait. Une vérité aussi crue que cruelle qui malgré son évidence offre le spectacle inconvenant du douloureux, quoique inexorable, frayage de son avènement.

Partout et de toujours, la digue qui se propose de contenir les effets de la vérité est polymorphe mais se pare communément du visage de la dignité. Ce qui n’est pas sans nous placer directement dans le giron de la réponse collective actuelle rendue face aux affres de l’impuissance à laquelle sont censés renvoyer les terroristes. Premier point sur lequel nous reviendrons (I).

Nous verrons également comment, paradoxe apparent, le cadre conceptuel cinématographique Dogme95 établi par Thomas Vinterberg, le réalisateur de Festen, et Lars von Triers, en 1998, officiellement pour donner un nouvel élan aux vérités portées par les films, est en réalité une des composantes de cette digue afin que le réalisateur puisse s’employer, à sa main, c’est-à-dire en son temps, à y faire fissure (II).

Enfin, dernier rempart à évoquer – le seul qui ne soit pas anecdotique ou, plus exactement, qui ravale les précédents au rang de l’historiette – à partir de ce que nous avons posé plus haut, (… si le rideau se déchire, c’est surtout pour livrer ce à quoi la vérité la plus crue est elle-même exposée, la portée du déport qu’elle est à elle-même), la vérité n’a besoin d’aucune des fictions que sa vacance sécrète pour être dédouanée du manquement inhérent à son avènement (III).

I – La dignité – (Anecdotes)

Face à la vérité la dignité peut s’avérer plus souvent qu’à son tour n’être qu’un masque de sang. Dans Festen, après l’annonce des viols du père sur l’un de ses fils et sur sa fille, chacun des membres de la famille cherche à maintenir la pellicule fine et grossière qui permettra à ce pire de passer ou de trépasser, la dignité n’a pas de camp, sans sur soi laisser de trace.

Dans le climat actuel, dit de peur et de terreur, qui semble prévaloir en France, la dignité vient répondre aux comportements indignes de ceux, indifférenciés, des terroristes au Conseil d’État, qui la génère ou l’avalise (2). Ce qu’il s’agit de souligner au milieu de toutes les informations tour à tour contradictoires, complémentaires, contradictoires d’être complémentaires etc., qui accompagnent ce mouvement, c’est que dans son drapé de voie légale, la dignité permet, et l’on ne s’en prive pas, d’estampiller l’indigne d’indignité. Indignité nationale, dégradation.

Pour suivre la veine des tentatives éperdues de marquer « l’autre » pour s’arrimer soi-même, comme cela, escarbilles venues de temps pas si éloignés de ceux que nous vivons où donc l’indignité fait loi, je voudrais, à titre d’illustrations ouvertes, raviver deux épisodes récents – et dont la portée pourtant déjà s’effiloche – de notre actualité commune. Ils tournaient chacun autour de l’axe déterminé par certaines variations de sens du digne et de l’indigne, sans pour autant paraître de prime abord ni de près ni de loin avoir à faire aux tensions actuelles.

Le livre :

Pour commencer, qui de nous ne se souvient de « l’épisode Hessel » ? J’en ai reçu à ce moment des exemplaires de cet « Indignez-vous ! » de la part de personnes qui me voulaient du bien ! Seulement voyez-vous, le temps dur de l’impératif pour enjoindre les « mous » d’accéder à celui de l’engagement ne m’a jamais convenu et je ne l’ai jamais lu. Pour ce qui est d’avoir à se situer sur la ligne du digne et de l’indigne, ce type d’adhésion subite et subie n’en est que l’un des flancs, pente orientée qui ne saurait être mieux désignée que d’être requalifiée d’« impair hâtif » . Une hâte coupable donc, qui socle l’appel d’air au vent présent, mauvais, qui nous rebat les oreilles. Car se précipiter sur la parole injonctive de l’autre, quel qu’il soit et si crédible soit-il cet «ami qui vous veut du bien », avec le fol espoir, ou la vaine certitude, pour ceux qui font ce choix, qu’elle comblera le vide de leur propre discours, est le seul moyen, pas le meilleur, le seul et de tous temps, qui valide la tenue d’un Dieu monolithiste. Pour ceux-là, ce Dieu sera censé faire (bonne) figure compensatoire par rapport au lieu où se situe le point de leur propre discours nécessairement (3) inaccessible à eux-mêmes.

Le stylo :

Illustrons un autre versant, tout aussi abrupt, du digne et de l’indigne par une autre anecdote qui nous permettra également de saisir le ridicule des effets de ce refus, appelons cela ainsi pour l’instant, d’ agréer l’inaccessible. Alors qu’aux environs de 2011 je compulsais un livre de Gérard Depardon dans une librairie, je tombais sur ces lignes dans lesquelles il disait n’avoir jamais rencontré un homme de plus grande probité que Goukouni Oueddei en prenant pour preuve le fait qu’au jour de la fin de son mandat présidentiel, le chef d’État Tchadien rendit le stylo qui lui avait été donné quelques années auparavant lors de son investiture. Il se trouve que la même semaine, à la vue et au su de tous, Nicolas Sarkozy, Président de la République française, embarquait, pour son compte personnel de collectionneur, le stylo qui avait été mis à sa disposition pour parapher et signer un traité international. Qu’on ne le dise donc pas inculte lui qui sut de la sorte prendre à la lettre, certes la plus pauvre, l’injonction de l’ancien résistant, Stéphane Hessel, puisqu’à la lettre donc, indigne il fut. Et par là, confirmé, célébré, petit veau d’or clinquant, idole pétulante d’une époque où la parole idéale se voulait décomplexée, dénouée des entraves du Réel (4).

La vérité à portée d’elle même…

car c’est bien ainsi qu’au procès du digne de toujours et de l’indignité actualisée, la vérité est convoquée. La vérité, toute la vérité, rien que la vérité n’est-ce pas, promue dans un traditionnel élan d’auto-conviction démocratique collective de pouvoir en même temps et sans sourciller être dite « toute » et « rien que » ! Posture qui scelle par avance l’orientation du procès (-dé) comique à partir duquel se forge la constante de référence que nous évoquons, le couple dignité indignité porté à dos de totalisation, puisque, répétons-le, sa monture, la vérité, est censée être « toute » et « rien que »…

Totalisation, oui, en lieu et place de totalitarisme, puisque faisant désormais passer la butée des discours contemporains de la figure de l’impossible, culture à fers forgés scellant le sort de tout « isme », à celle de l’impuissance. Laquelle impuissance se définit d’être située là où précisément l’impossible même ne peut être dit.

Sauf à exploser.

L’Un-digne visage de l’insitué.

II – La vérité – (Dogme 95)

En 1995, Lars von Triers et Thomas Vinterberg établissaient un texte qu’ils présenteront tout d’abord localement au Danemark puis diffuseront « en grand » et spectaculairement quelques jours plus tard lors d’un colloque international sur le centenaire du cinéma, au théâtre de l’Odéon à Paris. Ce texte est un manifeste qui s’érige alors contre la tournure artificielle prise par le cinéma sur le plan de la technique, avec la facilité des effets spéciaux, et contre les convenances de scénario et de tournage. Il propose une alternative censée ouvrir la voie à un autre type de productions d’œuvres cinématographiques.

Cela prit donc la forme d’un texte, qui ne fut pas commenté par ses auteurs, et d’une série de dix closes incontournables à respecter pour être estampillé Dogme 95. Dix commandements encore appelés vœux de chasteté.

Je vous laisse découvrir ce que représentait alors cette démarche dans le contexte de l’époque à travers les différents comptes-rendus et critiques qui en ont été faites (5) pour de mon côté n’en considérer qu’une ligne, ténue. Celle où s’affiche le parti pris pour les auteurs du manifeste, se situer pour dénoncer.

Il peut sembler paradoxal de poser comme je l’ai fait en préambule que le Dogme 95 est l’une des composantes de la digue s’opposant aux effets de la vérité alors que ses initiateurs estiment au contraire que leur dispositif s’avance comme garant d’une vérité à poindre. Paradoxe apparent puisque comme avancé plus haut également, Dogme 95 n’est en réalité une des composantes de cette digue qu’à la seule fin que le réalisateur puisse s’employer à y faire fissure.

Cette formule indique qu’il faut parfois retourner à la morsure tautologique de toute assertion à elle-même. Et dans ce cas, le plus arasé de ce que l’on peut dire du concept des deux réalisateurs est qu’il est en rapport avec ce qu’il dénonce de seulement… le dénoncer. Ce qui permet alors de repérer l’incidence suivante qui s’en extrait.

Les initiateurs du mouvement étaient suffisamment roués pour savoir que dans le registre des idées et des concepts il ne peut se faire de dénoncer quoi que ce soit sans le renforcer. La chose s’illustre dans ce cas a posteriori puisque Dogme 95 est une aventure de dix ans qui non seulement n’est contrevenu en rien à ce qu’elle se proposait d’endiguer, le commerce du cinéma commercial est florissant, qui en aurait douté, mais dont en plus les fleurons les plus reconnus ( Festen, Les idiots,...), auront intégré tout naturellement, et qui plus est lestés d’une valeur ajoutée nominale, le système – soit disant – honni.

Se situer disais-je, c’est-à-dire ici, au final, d’être l’une des composantes assumée de la réussite de ce dont ils s’affichaient au départ être les contempteurs. Au titre de Vérité donc, situés de faire fissure au lieu de son enclos tout autant que, pour cela, garants de son colmatage. Ainsi, après le couple du digne et de l’indigne en voici poindre un autre, celui d’ouverture et de fermeture où se situe la tranche de la vérité glèbe de toute parole (6).

Et voilà donc que le paradoxe apparent du départ est devenu cette simple réalité que les coordonnées d’une parole doivent tôt ou tard, c’est-à-dire en leur temps, apparaître antagonistes pour qu’ensuite seulement puisse se réaliser leur coalescence et que les émetteurs de cette parole y récupèrent leur mise, bonifiée du tampon vertueux de la vérité, agent agrégeant et « compatibilisant » des contradictions et des antagonismes de leur réalité.

Vous n’aurez pas manqué de le relever, il se trouve que « la vérité » qui advient dans Festen, quels qu’en soient les agents conducteurs, scénario ou effet des préceptes du Dogme, est une vérité qui, atomisant toutes les portes ouvertes sur sa route, pose que non seulement le garant de la loi puisse ne pas la tenir, voire, horreur suprême, qu’il ait l’obligation structurelle de ne le pouvoir, mais surtout qu’il ne le puisse, spécifiquement, là où se situe, nous y revoilà, la réserve du sexuel.

Où le non-inscriptible fait force de loi.

III – Lever de rideau – (de la Curie à la curée)

Je présentais en introduction, comme dernier rempart faisant digue aux effets de vérité, ceci que, «… si le rideau se déchire, c’est surtout pour livrer ce à quoi la vérité la plus crue est elle-même exposée, la portée du déport qu’elle est à elle-même, la vérité n’a besoin d’aucune des fictions que sa vacance sécrète pour être dédouanée des manquements inhérents à son avènement.»

Cela ne se donne pas pour simple, quoique, mais relève une fois encore de l’évidence. Je le répète alors, puisqu’il me semble que cela n’a cessé de traverser mon propos, nulle parole ne comble le manque qui l’origine et la vérité qui se donne pour l’avènement enfin réalisé de la pièce manquante n’est que la peau de dupe faisant office de compensation – toujours déplacée – de la pièce nécessairement manquée.

La courbe qui est partie de François 1er pour passer par Festen et en revenir au pape est une petite boucle tracée comme une figure imposée. Elle se referme sur ce que je disais être la réserve du sexuel, réserve non pas à prendre au sens d’éléments disponibles en attente d’être utilisés ou ayant la vertu de pouvoir ne l’être pas, mais comme une mise, en retrait, un reste incompressible, un noyau, le refoulement, qui génère cette une, ces quatre, ces quinze vérités, rejetons – insuffisants – de la parole se couchant dans le lit des Hommes.

Ainsi François 1er s’attire-t-il la sympathie, sinon même l’adhésion, de beaucoup de ceux qui se targuent pourtant habituellement de ne pas adhérer, loin s’en faut, au discours de l’église catholique. Le moins que l’on puisse dire est qu’il la ravale la façade ce bon pape. Non seulement il dénonce les abus et les postures mais en plus il colle à son discours, de vérités

Il est pape et « Ose tout ce qui est digne d’un homme ». Or comme nous l’avons vu, la frontière est labile qui va du digne à l’indigne et d’ouverture à fermeture, et la constante oscillation de son trait marque les Hommes d’un sceau à la cire indécise.

Une indécision pourtant déjà irrémédiablement aspirée et orientée, de façon décisive, par le vers qui suit, tranchant et sans réserve, – mais est-ce alors encore une parole ?

Il désigne les limites de l’inscriptible, donnée à prendre par le versant où les effets de la parole dépassent toujours et la parole et son émissaire, et dévoile les horizons du pourtant déjà vu, le bel outil des aveugles, parole d’Œdipe, témoin de la vanité toujours foireuse de qui – tous – n’en veut rien savoir

« QUI OSE D’AVANTAGE N’EN EST PLUS UN »*

* « Who dares do more is none. »

Shakespeare Macbeth acte 1, scène 2, vers 47

JTF, Paris, le 22/05/2016

(1) Texte « Au revoir les enfants » sujet d’une édition à venir.

(2) « Dans le climat actuel, dit de peur et de terreur, qui semble prévaloir en France, la dignité vient répondre aux comportements indignes de ceux, indifférenciés, des terroristes au Conseil d’État, qui la génère ou l’avalise…» Cette tournure n’en est pas seulement une, c’est une pensée. Elle est saisissante pour le moins mais s’éclaire lorsque, à considérer que les terroristes génèrent la teneur du climat actuel par leurs actes, pour le moins indignes, le Conseil d’État l’avalise à en juger par l’éclairage apporté à sa décision en matière d’assignation à résidence en temps d’état d’urgence. Où il est question de lettre, volée ou disparue…(Cf. Le site www.ledroitdelafontaine.fr/la-disparition/)

(3) C’est ce « nécessairement » auquel ils n’ont pas accès. Cela veut précisément dire, suivant la formule éprouvée, qu’il ne peuvent être situés que mal barrés par rapport à tout discours, puisque tout discours est la production du langage qui ek-siste (divise, résiste) à l’être parlant.

(4) – réel pour Réel : (extrait de la brève « A la mode de chez nous » postée sur mon site. «… Le Graal a portée de bouche de quasiment tous les intervenants de France Culture, universitaires ou non. La réalité tellement bien perçue qu’on lui décerne une médaille en la nommant réel. Lapsus où s’entend tellement que le réel se voudrait Réel à la place du Réel. Le syndrome d’Iznogoud… Mais il ne suffit pas de baisser la tête devant le réel pour le grandir d’une majuscule. D’autant – plus, ou moins, – que le Réel est sans commune mesure…

(5) Dogme 95 :https://1895.revues.org/341

  1. « Je voudrais avoir réussit à distraire nos esprits studieux de l’alternative quantité/qualité et nous avoir permis de retrouver l’essence de la différence qui les fonde doublement, avoir réussi à faire entendre que la force est avant tout la capacité d’assumer les antinomies, et que l’antinomie est la dimension agissante de notre expérience.» Serge Leclaire, psychanalyste (1924-1994). Dernière lignes du livre « Démasquer le réel ».

Note :

La brève qui suit est issue d’un corpus de plusieurs centaines datant des années 2012/2013.

LES CONCUPISCIBLES

Il y a frémissements ces temps-ci à propos de l’élection du futur pape. C’est important un pape n’est-ce pas ?! Ça a permis à Bacon de faire des tableaux, hein, déjà…! Mais moi j’aime bien aussi l’avant élection, les photos des cardinaux notamment. Pas encore pape mais politiciens ad vitam æternam, sans convoitise mais désirant ardemment, discrets mais mondialisés… Bref se bardant de l’arme de toujours pour faire se conjoindre l’enfer et les bonnes intentions, le masque hideux de la componction affectée.